Le vendredi, sous les platanes du Luberon : immersion au marché de Lourmarin
Il y a des marchés que l'on visite, et il y a des marchés que l'on vit. Celui de Lourmarin appartient sans hésiter à la seconde catégorie. Chaque vendredi matin, le village se métamorphose : les volets s'ouvrent un peu plus tôt, les terrasses se remplissent, et la place Henri Barthélémy ainsi que le boulevard du Rayol se couvrent d'étals colorés, à l'ombre généreuse des platanes centenaires.
Dès 8 heures, près de 150 exposants prennent position. On y croise les maraîchers du coin, les fromagers itinérants, les artisans qui vendent leur poterie ou leur linge brodé, et toujours, quelque part entre deux étals, l'odeur sucrée et fleurie du gibassié — cette brioche provençale à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger que l'on dit née ici, ou pas loin. Impossible de quitter le marché sans en avoir glissé un morceau dans son panier.
Un peu plus loin, les étals de confiseries provençales attirent les regards autant que les papilles. Calissons d'Aix, cornes d'amande, nougat — la Provence sucrée s'expose fièrement derrière ses petites ardoises manuscrites.

Un décor que peu de marchés peuvent revendiquer
Ce qui distingue Lourmarin, ce n'est pas seulement la qualité de ses produits — bien que la réputation du marché dans le Vaucluse ne soit plus à faire. C'est le décor. Le château Renaissance veille sur la scène depuis sa colline, offrant aux flâneurs une toile de fond que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le Luberon.
Lourmarin n'a pas volé sa place parmi les plus beaux villages de France. Ses ruelles pavées, ses façades ocre et ses recoins ombragés ont longtemps inspiré des écrivains comme Albert Camus et Henri Bosco, tous deux enterrés dans le petit cimetière du village. Flâner au marché un vendredi matin, c'est un peu marcher dans leurs pas — sauf qu'on a les mains chargées de tomates anciennes et d'un fromage de chèvre encore tiède du matin.
Et puis il y a les étals de textiles, qui transforment certains coins du marché en véritable souk à ciel ouvert. Kilims tissés à la main, plaids en laine, tapis aux motifs géométriques : on s'y arrête plus longtemps qu'on ne l'avait prévu.
Le marché du soir, autre rythme, autre saison
Si le vendredi est l'incontournable, les amateurs de fins de journée d'été trouveront leur bonheur le mardi soir, d'avril à octobre, à La Fruitière Numérique. Ce marché de producteurs, plus intimiste, met à l'honneur les circuits courts : huile d'olive, miel, vins du Luberon, fromages de brebis, légumes de saison. Un chef local y improvise parfois une démonstration de cuisine de rue, verre de rosé à la main, dans une ambiance résolument plus détendue que celle, plus dense, du marché du matin.


Lourmarin, Vaucluse — Marché le vendredi de 8h à 13h, place Henri Barthélémy et boulevard du Rayol. Marché des producteurs le mardi soir d'avril à octobre, à La Fruitière Numérique.





